Les Révoltés de Zamboanga: Largo Winch, T5

Partie de poker mortelle dans la jungle philippine : largo Winch affronte le dangereux colonel Ortega bien décidé à liquider les rebelles Moros. Entre le milliardaire et la brute sanguinaire s’engage un combat sans merci. L’enjeu : régner sans partage sur le pays pour l’un ; préserver la liberté d’un peuple et sauver la vie d’un ami pour l’autre. De nouvelles aventures pour largo Winch, défenseur des opprimés et nouveau chevalier des temps modernes.

A mon frère qui n’est pas mort (Documents Français)

« A Fréjus, il y avait la plage sur laquelle, pendant longtemps tu as régné. Dans ma mémoire, cette plage des années cinquante est encore à peu près déserte. Notre peau était encore plus méditerranéenne que la mer. Elle brunissait au fil de l'été, le sable s'accrochait aux cheveux, nos sexes étaient salés et les filles s'allongeaient comme des royaumes. » Ce livre intime fait entendre deux voix : l'une est celle de François écrivant une lettre tendre ou blessée à son frère aîné Philippe, en une plongée dans la mémoire familiale, entre une mère corse et un père au service de la République. Il l'apostrophe à travers le temps, se souvient des chamailleries d'adolescent, des brûlures de l'été, des études, puis du comédien, du clown triste, du Capitaine Fracasse au théâtre, du personnage public qui s'éloigne, prend la nuit comme compagne, et se perd, à jamais, dans la drogue et l'alcool. L'autre voix, celle de François Léotard l'auteur, cherche à comprendre l'être humain, trop humain : celui qui aimait à citer « Qui va à sa perte, sa perte l'accueille » mais chantait et écrivait, jouait avec Ariane Mnouchkine, montait une pièce de Bernard-Marie Koltés avec Patrice Chéreau, ou recevait le César de la meilleure interprétation pour La balance. L'homme quitté par Nathalie Baye, le séducteur qui aimait trop facilement, devenait père à son tour, et continuait pourtant de flirter avec les moyens d'en finir. Ce livre inclassable, émouvant, n'est pas une biographie de Philippe Léotard, comédien, chanteur, mort le 25 août 2001. D'une voix l'autre, l'auteur nous fait osciller entre l'enquête et le journal intime, le souvenir et la rencontre, avec Michel Piccoli ou Patrice Chéreau, entre le portrait d'un frère qui refuse de mourir et l'autoportrait de l'auteur, qui se demande s'il a su l'aimer.

La Maison cinéma et le monde (Tome 4) – Le moment trafic 1991-1992

Avec ce quatrième et dernier volume de La Maison cinéma et le monde s'achève la publication des écrits de Serge Daney jusqu'ici dispersés dans divers journaux ou revues, catalogues ou programmes souvent introuvables aujourd'hui. Après le temps des Cahiers et les années Libé, voici venu, trop bref mais si intense, le moment Trafic, du nom de la revue qu'il fonde avec quelques amis (Raymond Bellour, Jean-Claude Biette, Sylvie Pierre et Patrice Rollet) en décembre 1991, alors qu'il se sait déjà condamné par la maladie (le sida). Il ne pourra en concevoir que les trois premiers numéros avant sa mort annoncée, le 12 juin 1992.

C'est le moment où, pressé par le compte à rebours de sa propre vie, Serge Daney porte à incandescence son rapport au cinéma et rédige certains de ses plus beaux textes, avec une ambition affichée d'écrivain et dans le cadre d'une revue dont il a voulu le moindre détail, de l'absence revendiquée d'éditorial à la méfiance envers les rubriques habituelles de la critique, en passant par le refus
de l'illustration pour l'illustration. L'écriture seule a charge d'y décrire le mouvement des films et de nous apprendre comment vivre avec les images.
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