Merci la vie !

Claude Pinoteau raconte les coulisses de plus d'un demi-siècle de cinéma, comme le film d'une vie authentiquement romanesque.

Tour à tour coursier, accessoiriste, régisseur, premier assistant, conseiller technique, auteur et réalisateur, son parcours atypique est jalonné d'aventures humaines et cinématographiques.
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L’homme qui voulait être prince (essai français)

La biographie de Michal Waszynski pourrait se réduire à ces quelques lignes : Né en 1904, mort en 1965, il a été l'assistant de Murnau, a réalisé en 1937 le chef-d'oeuvre du cinéma yiddish Le Dibbouk, a travaillé comme cinéaste en Pologne de 1929 à 1939, puis comme directeur artistique en Italie et vice-président des productions Bronston en Espagne. C'est peu et c'est faux. La biographie de l'illusoire et somptueux Waszynski, telle que Samuel Blumenfeld nous la raconte à l'appui d'une documentation inédite, est une reconstruction totale. Comment un juif né en Volhynie, c'est-à-dire nulle part, a-t-il pu se faire passer pour un prince catholique et un aristocrate polonais ? Comment a-t-il échappé aux camps pour survivre comme caméraman dans l'armée du général Anders ? Est-ce l'amour qui commande au mariage entre cet homosexuel raffiné et une comtesse romaine octogénaire qui lui lègue son immense fortune ? A-t-il vraiment lancé Audrey Hepburn, secondé Orson Welles sur le tournage d'Othello, assisté Joseph Mankiewicz dans la production de La comtesse aux pieds nus ? Mieux ! Dans l'Espagne franquiste de l'après-guerre, ce prince d'opérette qui possède une Rolls aux poignées de porte en or massif, va créer le plus grand studio d'Europe. Détournant des sommes considérables, esclavagisant des scénaristes black-listés à Hollywood, utilisant la propagande chrétienne comme déguisement de ses folies, il produit entre autres Le Cid avec Charlton Heston, reconstruit la cité interdite pour Les 55 jours de Pékin, aligne 350 statues sur le décor de La chute de l'Empire romain… Comme disait le scénariste Philip Yordan : « Ils n'avaient pas compris que c'était un Prince de mes deux ». Le Prince imaginaire, c'est le dernier Nabab et Zélig en même temps.

Les aventures de Roberto Rossellini

Aucune figure de l’histoire du cinéma n’a été à la fois vilipendée et adulée comme Roberto Rossellini (1906-1977). Fondateur du néoréalisme avec Rome ville ouverte, inventeur du cinéma moderne avec Paisà, précurseur de la Nouvelle Vague avec Voyage en Italie, pionnier d’une télévision utopique avec La Prise de pouvoir par Louis XIV, il a été le héros d’un cinéma né de la sensibilité et de l’intelligence de l’individu, indépendant des clichés et de l’industrie.
Cette biographie, la première du cinéaste, fait découvrir un homme de passions, charmeur irrésistible, intellectuel cosmopolite, homme de la Renaissance et du XXe siècle, maître à penser, aventurier romain, qui a le premier affirmé que le cinéma était affaire de morale.
Tag Gallagher a passé quinze ans à enquêter sur la réalisation et la réception – tumultueuses toutes deux – des films de Rossellini, parlant à tous ceux qui l’ont connu. Sa recherche dissipe bien des mythes de l’histoire du cinéma. Rossellini a vécu intensément dans le présent ; sa vie et ses films sont inséparables. Vittorio Mussolini, Anna Magnani, Federico Fellini, Ingrid Bergman, François Truffaut, Jean Rouch et bien d’autres sont parmi les personnages qui croisent son chemin.
Auteur de l’étude critique John Ford, The Man and His Films, saluée comme le meilleur livre sur Ford, Tag Gallagher publie en France dans les revues Trafic et Cinéma.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Coursodon.