A mon frère qui n’est pas mort (Documents Français)

« A Fréjus, il y avait la plage sur laquelle, pendant longtemps tu as régné. Dans ma mémoire, cette plage des années cinquante est encore à peu près déserte. Notre peau était encore plus méditerranéenne que la mer. Elle brunissait au fil de l'été, le sable s'accrochait aux cheveux, nos sexes étaient salés et les filles s'allongeaient comme des royaumes. » Ce livre intime fait entendre deux voix : l'une est celle de François écrivant une lettre tendre ou blessée à son frère aîné Philippe, en une plongée dans la mémoire familiale, entre une mère corse et un père au service de la République. Il l'apostrophe à travers le temps, se souvient des chamailleries d'adolescent, des brûlures de l'été, des études, puis du comédien, du clown triste, du Capitaine Fracasse au théâtre, du personnage public qui s'éloigne, prend la nuit comme compagne, et se perd, à jamais, dans la drogue et l'alcool. L'autre voix, celle de François Léotard l'auteur, cherche à comprendre l'être humain, trop humain : celui qui aimait à citer « Qui va à sa perte, sa perte l'accueille » mais chantait et écrivait, jouait avec Ariane Mnouchkine, montait une pièce de Bernard-Marie Koltés avec Patrice Chéreau, ou recevait le César de la meilleure interprétation pour La balance. L'homme quitté par Nathalie Baye, le séducteur qui aimait trop facilement, devenait père à son tour, et continuait pourtant de flirter avec les moyens d'en finir. Ce livre inclassable, émouvant, n'est pas une biographie de Philippe Léotard, comédien, chanteur, mort le 25 août 2001. D'une voix l'autre, l'auteur nous fait osciller entre l'enquête et le journal intime, le souvenir et la rencontre, avec Michel Piccoli ou Patrice Chéreau, entre le portrait d'un frère qui refuse de mourir et l'autoportrait de l'auteur, qui se demande s'il a su l'aimer.

A mes amours (Littérature Française)

À la façon – pourtant inimitable – de Françoise Sagan dans Avec mon meilleur souvenir, Jean-Pierre Cassel nous raconte sa vie par les autres. Et nous offre une formidable galerie de portraits, principalement des grands metteurs en scène de cinéma et de théâtre : Jean Renoir, Abel Gance, René Clair, Luis Buñuel, Jean Vilar, Marcel Achard, Marcel Bluwal, Claude Chabrol, Jean-Pierre Melville, Joseph Losey… et tant d’autres avec lesquels il a travaillé. Portraits parfois surprenants, qui dévoilent un aspect inattendu de ces personnalités hors du commun. Des hommes et des femmes qui l’ont fasciné ou déçu, dont il parle avec amitié ou respect. Sans nostalgie, avec légèreté et finesse, il évoque les premières rencontres, les fous rires et les tensions, les enthousiasmes et les malentendus, les conflits et les grands bonheurs des tournages et des répétitions. Le livre débute par un portrait de Fred Astaire, dont Jean-Pierre Cassel célèbre l’insolence et la grâce, car il y a chez cet acteur pudique et discret un vrai plaisir de nous faire partager ses admirations. Deux grandes artistes illuminent ces pages, Lauren Bacall et Maria Callas, resplendissantes et majestueuses.