La Maison cinéma et le monde (Tome 4) – Le moment trafic 1991-1992

Avec ce quatrième et dernier volume de La Maison cinéma et le monde s'achève la publication des écrits de Serge Daney jusqu'ici dispersés dans divers journaux ou revues, catalogues ou programmes souvent introuvables aujourd'hui. Après le temps des Cahiers et les années Libé, voici venu, trop bref mais si intense, le moment Trafic, du nom de la revue qu'il fonde avec quelques amis (Raymond Bellour, Jean-Claude Biette, Sylvie Pierre et Patrice Rollet) en décembre 1991, alors qu'il se sait déjà condamné par la maladie (le sida). Il ne pourra en concevoir que les trois premiers numéros avant sa mort annoncée, le 12 juin 1992.

C'est le moment où, pressé par le compte à rebours de sa propre vie, Serge Daney porte à incandescence son rapport au cinéma et rédige certains de ses plus beaux textes, avec une ambition affichée d'écrivain et dans le cadre d'une revue dont il a voulu le moindre détail, de l'absence revendiquée d'éditorial à la méfiance envers les rubriques habituelles de la critique, en passant par le refus
de l'illustration pour l'illustration. L'écriture seule a charge d'y décrire le mouvement des films et de nous apprendre comment vivre avec les images.
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Screening sex: Une histoire de la sexualité sur les écrans américains

À partir des années 1960, le cinéma américain commence à sortir de sa « longue adolescence » : Elizabeth Taylor prononce des mots jusqu’alors interdits, Dustin Hoffman perd sa virginité dans les bras de Mrs. Robinson, Jon Voight fait le gigolo dans les rues de New York. À Hollywood, la sexualité fait enfin son apparition comme sujet et comme question de mise en scène. Comment représenter les rapports charnels ? Comment les intégrer à la narration et à la vie émotionnelle des personnages ? Quelle expérience le spectateur fait-il de telles scènes ? Dans l’art du dévoilement et de l’occultation, au cœur de la mise à l’écran du sexe, une véritable politique de la représentation des corps est en jeu. Films étrangers, cinéma d’exploitation ou d’avant-garde, films populaires ou d’auteur, cyberpornographie, Linda Williams explore de vastes territoires afin de comprendre la dynamique historique et culturelle par laquelle la sexualité, d’obscène, est devenue « en/scène ».
Linda Williams est professeur d’études cinématographiques et de rhétorique à l’université de Berkeley, en Californie. Son ouvrage de référence, Hard Core: Power, Pleasure and the “Frenzy of the Visible” est le premier à avoir théorisé le cinéma pornographique. Elle est également l’auteur de Playing the Race Card: Melodramas of Black and White from Uncle Tom to O. J. Simpson, une histoire culturelle des rapports entre Blancs et Noirs aux États-Unis.