Steve McQueen

Star de grands classiques comme "La Grande Evasion", "Bullitt", "Papillon" et "L'Affaire Thomas Crown", Steve McQueen n'aurait jamais dû faire de cinéma. Fils d'une prostituée occasionnelle et d'un homme de passage, il devient rapidement un jeune délinquant, sauvage et rétif à toute autorité. Une période qui le marquera toute sa vie et affectera aussi bien son attitude "rebelle" vis-à-vis du système hollywoodien que ses relations avec les femmes. Avare en confidences et mutique avec les journalistes, McQueen avait très peu d'amis dans le métier. C'est pourquoi sa relation privilégiée avec Michael Munn permet à ce dernier de tracer la première biographie intime de l'acteur, dévoilant les violences de son beau-père, une adolescence tumultueuse, le séjour dans une maison de jeunes délinquants, de singuliers débuts au théâtre et, enfin, l'entrée dans la "machine Hollywood" grâce à sa première femme. L'ouvrage raconte comment un adolescent sauvage a su se révéler comme second rôle de série B, puis vedette de télévision dans la série "Au nom de la loi", avant de s'imposer face aux ténors du western dans "Les Sept Mercenaires", qui a lancé sa carrière. Il ne cache rien de ses nombreuses aventures féminines (parmi lesquelles Natalie Wood), de son rapport tourmenté et parfois violent avec ses trois compagnes successives, et de ses relations tumultueuses avec le Tout-Hollywood. Il montre comment, malgré un caractère sauvage et parfois paranoïaque, Steve McQueen a réussi à imposer sa marque pour devenir une des figures cinématographiques les plus marquantes de son temps, avant de saboter lui-même sa carrière.

Je sais rien, mais je dirai tout

Et la voilà, l’étoile qui me guide en toutes circonstances : le rêve. Pour moi, la vie est un gros gâteau, avec des tranches de réalité et des tranches de rêve. Ce sont ces dernières que j’avale avec le plus d’appétit, et ça depuis l’enfance.
Bien sûr, au fil des temps, j’ai abandonné l’idée d’être Tarzan ou Geronimo, et après quelques années de latence, j’ai trouvé, après avoir découvert Danny Kaye, le « truc » : devenir acteur. Ainsi, je pouvais continuer à poursuivre mes rêves d’enfance, jouer à être un autre. Vivre mille aventures à travers les personnages que j’interprétais. Je suis devenu publiciste, avocat, assistant social, psychanalyste, mais à ma façon. Seulement voilà, être comédien, c’est quoi ?
Donner vie à des personnages que vous n’êtes pas, avec le plus de réalisme possible, de vérité surtout. Et paradoxalement, c’est toujours moi qu’on retrouve derrière ces personnages et non le contraire. C’est peut-être pourquoi j’ai toujours douté d’être un comédien. C’était toujours moi, confronté à des situations comiques : distrait, inadapté, malchanceux, timide.

Leni Riefenstahl, la cinéaste d’Hitler

Danseuse, actrice fétiche des films de montagne, cinéaste révolutionnaire, photographe remarquable, plongeuse hors pair, Leni Riefenstahl (1902-2003) est, aux yeux du monde, la cinéaste qui s’est fourvoyée en se mettant au service du nazisme. En 1932, sa rencontre avec Adolf Hitler change son destin. C’est un coup de foudre réciproque. Dès son accession au pouvoir, elle accepte la direction artistique du film du Congrès du Parti nazi à Nuremberg en 1934, Le Triomphe de la volonté, l’archétype du film de propagande. Puis elle réalise en 1936 le film officiel des Jeux olympiques, Les Dieux du stade, qui devient un succès mondial. Après la guerre, échappant à la dénazification, Leni Riefenstahl est souvent détestée. Néanmoins, son héritage est immense et les plus grands cinéastes, de Steven Spielberg à George Lucas, reconnaissent aujourd’hui son influence. Seuls l’art et l’esthétique ont compté pour elle, et c’est bien ce reproche qui encombre sa mémoire et obscurcit sa postérité. Sans l’aduler ni la condamner, Jérôme Bimbenet perce le mystère de la « douce amie du Führer » qui n’a jamais connu la moindre once de remords, de compassion, de culpabilité ou de conscience politique. Jusqu’à la fin, quand on l’interrogera sur sa responsabilité, elle ne cessera de répondre : « Où est ma faute ? »