Le Brady, cinéma des damnés

Ce livre propose la "biographie d'un lieu", Le Brady, dernier cinéma de quartier parisien. L'auteur, qui y fut projectionniste dans les années 2000, a tiré de cette expérience un texte foisonnant, drôle et informé. Il met en scène ses collègues, l'increvable propriétaire J.-P. Mocky, les fondus de films "bis" (fantastique, gore, kung-fu, western-spaghetti voire moussaka, porno), mais aussi d'autres spectateurs atypiques (sans-logis, retraités maghrébins, amateurs de brèves rencontres), et tous les riverains occasionnels (prostituées, coiffeurs afro, soiffards).

Le Brady, cinéma des damnés reconstitue la mémoire des années turbulentes d'une salle obscure inclassable, comme le documentaire subjectif qui s'en inspire. Une somme inventive et attachante qui satisfera la curiosité de ceux qui croient encore que l'aventure est au coin de la rue.

Leçons de scénario: Les 36 situations dramatiques

S’il existe une infinité d'histoires possibles au cinéma, les scénaristes savent que les situations dramatiques (implorer, venger un proche, se révolter, être audacieux, aimer l'ennemi…) dans lesquelles évoluent leurs personnages sont en nombre limité. Se référant à des personnages mythiques, historiques ou de fiction, immortalisés par la légende ou la littérature comme Œdipe ou Antigone, Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, Faust ou Don Juan –, ces situations dramatiques se retrouvent dans toute création artistique. En 1936, Georges Polti en a recensé trente-six pour le théâtre. Aujourd'hui, Marie-France Briselance montre qu'elles s'appliquent parfaitement au cinéma et qu'à l'intérieur d'une même histoire, elles se combinent, s'emboîtent et se complètent en des symphonies tragiques ou comiques.

Les Films de ma vie

Avant de s’imposer comme un immense metteur en scène – Les 400 coups, Jules et Jim, Fahrenheit 451, Baisers volés, L’Enfant
sauvage, La Nuit américaine, L’Histoire d’Adèle H., L’Homme qui aimait les femmes, Le Dernier Métro, La Femme d’à côté, Vivement dimanche !, etc. –, François Truffaut (1932-1984) a inauguré une nouvelle façon de regarder les fi lms et d’en parler. Ses articles passionnés pour les Cahiers du cinéma en témoignent.
Ce livre, devenu une Bible pour tous les cinéphiles, rassemble les articles que Truffaut avait lui-même sélectionnés : Capra, Hawks, Hitchcock, Kubrick, Wilder, Clouzot, Cocteau, Ophuls et Guitry notamment pour les Français, sans oublier les textes sur ses « copains de la Nouvelle Vague », ainsi que des articles consacrés à ses réalisateurs préférés : Ingmar Bergman, Jean Renoir, Charlie Chaplin, Orson Welles, Luis Buñuel, Carl Dreyer, Jean Vigo…
Le premier de ces écrits : « À quoi rêvent les critiques ? » analyse l’ambiguïté des relations entre les créateurs et ceux qui les jugent. « Lorsque j’étais critique, écrit François Truffaut, je pensais qu’un fi lm, pour être réussi, doit exprimer simultanément une idée du monde et une idée du cinéma ; La Règle du jeu ou Citizen Kane répondaient bien à cette définition. Aujourd’hui, je demande à un fi lm que je regarde d’exprimer soit la joie de faire du cinéma, soit l’angoisse de faire du cinéma et je me désintéresse de tout ce qui est entre les deux, c’est-à-dire de tous les films qui ne vibrent pas. »