Jean Gabin inconnu

Artiste de music-hall, résistant, flic, voyou, grand bourgeois, Jean Gabin a joué tous les rôles. Pourtant, l’homme aux 85 millions de spectateurs et aux plus de 90 films reste un mystère.
Cette grande biographie de celui dont Jean Renoir disait qu’il était « un acteur unique » lève le voile sur la vedette aux multiples chefs-d’œuvre, de Pépé le Moko au Clan des Siciliens, en passant par La Grande Illusion, Le Quai des brumes, ou encore Un singe en hiver. L’homme discret dont la puissante silhouette, les pesants silences et les grands yeux bleus ont marqué le cinéma français, a enflammé le cœur des femmes, Michèle Morgan, Marlène Dietrich et d’autres. Mais délaissant ses folles amours, Gabin finira par mener une vie de famille exemplaire avec Dominique et leurs enfants.
Après des années de recherches et d’entrevues, l’auteur retrace ici l’épopée incroyable d’un gamin de Clignancourt devenu grand et livre un vibrant hommage à ce comédien qui a incarné mieux que quiconque un cinéma populaire et sincère. Un sacré gars, le Gabin.

Marilyn Monroe

"J'avais un sentiment étrange, l'impression d'être deux personnes à la fois. L'une d'elles était Norma Jeane, l'orpheline fille de personne. L'autre était quelqu'un dont j'ignorais le nom. Mais je savais où était sa place. Elle appartenait à l'océan, au ciel, au monde entier…"
Elle voulait qu'on la regarde. Mal aimée, étouffée, violée, abandonnée, l'enfant brune et bégayante nommée Norma Jeane Mortensen était prête à tout pour sortir de l'ombre et taire ses blessures. Jusqu'à devenir Marilyn Monroe (1926-1962), créature artificielle, blonde publique, surgie après neuf heures de maquillage et de décoloration. Jusqu'à se laisser dévorer par elle.

Bernard Giraudeau – Le baroudeur romantique (Arts, littérature et spectacle)

17 juillet 2010. En plein été, la nouvelle, redoutée depuis des mois, tombe : Bernard Giraudeau est mort. Fauché par le crabe qui le rongeait depuis dix ans. L'éternel séducteur au regard bleu piscine, compagnon d'Anny Duperey pendant 18 ans, était bien plus qu'une star. Il ne se contentait pas d'enchaîner les films et les pièces. Il vivait. À en mourir. Quand il a appris qu'il était malade, il a dit : « Je m'y attendais. Je voyais bien que j'allais vers quelque chose qui me rapprochait de l'abîme. »
Bertrand Tessier raconte l'acteur qui a dominé le box-office dans les années 80 (Le Ruffian, L'Année des méduses, Les Spécialistes) avant de préférer des films plus exigeants et de réaliser lui-même Les Caprices d'un fleuve. Il a aussi reconstitué son passage dans la Marine nationale : petit fils de cap-hornier né à La Rochelle en 1947, engagé à 16 ans, il a participé aux deux premières campagnes de la mythique Jeanne d'Arc, navire-école emblématique de la Royale. Une expérience qui a forgé son goût de l'aventure et qui sera le terreau de son oeuvre littéraire (Les Dames de nage, paru aux éd. Métailié, lui vaudra le prix des lecteurs de L'Express en 2007). Il évoque aussi, témoignages à l'appui, la manière dont il a pris le cancer à bras-le-corps pour se transformer et s'ouvrir aux autres : un ultime baroud dont il a fait une leçon de vie.