Les jours obscurs de Gérard Lebovici (Essais – Documents)

Le 5 mars 1984, Gérard Lebovici quitte précipitamment son bureau après un mystérieux coup de téléphone. Il est retrouvé deux jours plus tard dans sa voiture, stationnée dans le parking souterrain de l’avenue Foch, exécuté de quatre balles dans la nuque. Son meurtrier n’a jamais été identifié. Mais vingt ans après, le personnage reste opaque.En dépit des portes restées closes, Jean-Luc Douin a eu envie de comprendre cet homme qui, de son vivant, restait pour beaucoup un mystère, et dont la mort brutale, non élucidée, alimenta toutes sortes de rumeurs. Officiellement, Gérard Lebovici est le créateur d’Artmédia, la plus puissante agence artistique de France, qui gère les intérêts de Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, François Truffaut. Il est aussi le fondateur des éditions Champ Libre, qui éditèrent Bakounine, Clausewitz, Simon Leys, George Orwell, nombre d’écrits révolutionnaires et situationnistes. Mais qui était réellement Gérard Lebovici, fasciné par Jacques Mesrine et ami de Guy Debord ? Un individu au destin exceptionnel, doté d’un pouvoir occulte et de vies parallèles ? Ou l ’homme de l ’ombre dont cette biographie traque les secrets, cet incorruptible résolu à vivre à l’écart des récupérations, cet insoumis acharné à confondre les apparences, orchestrer ses révoltes, déjouer les pièges sociaux ?

Lars Von Trier (Documents Français)

« Je pense, comme Gilles Jacob, Président du festival de Cannes, que Lars von Trier est l'un des quatre ou cinq plus grands metteurs en scène vivants. C'était une première raison de m'intéresser à lui. La seconde est plus personnelle : j'étais curieux de connaître la vérité de ce « provocateur timide » chez lequel se combinent étrangement sincérité et calcul, puritanisme et érotisme, goût de la métaphysique et sens du marketing, génie et névrose.» Pendant deux ans, Jean-Claude Lamy a donc dépouillé tout ce qui s'est écrit sur Lars von Trier. Au Danemark, il a discuté des dizaines d'heures avec le cinéaste, interrogé ses proches, ses collaborateurs, ses amis d'enfance, jusqu'à d'anciennes maîtresses, quelques ennemis aussi, et bon nombre des acteurs et des techniciens qui ont tourné avec lui. Jean-Claude Lamy nous livre un portrait décapant de cet artiste prodigieux : réalisateur et scénariste de plus d'une quinzaine de films, plusieurs fois primé à Cannes (Europa, prix du Jury en 1991, Breaking the waves, césar du meilleur film étranger en 1997, et Dancer in the Dark, palme d'or en 2000), héritier manifeste de Dreyer et Bergman, mais aussi très influencé par Tarkovsky ou Welles, inventeur du « Dogme » et d'un cinéma expérimental comme on n'en avait plus vu depuis la Nouvelle Vague. Jamais le travail de Lars von Trier n'avait ainsi été détaillé de l'intérieur. Artiste réputé aussi phobique que manipulateur (il confesse : « presque tout me faisait peur dans la vie, sauf réaliser un film »…), il a dirigé Björk, Nicole Kidman, Lauren Bacall, ou Emily Watson, donnant tour à tour de la femme une image sainte et diabolique… Plus qu'une biographie, Lamy mène une enquête, et livre les mystères d'un homme marqué par une éducation singulière et la découverte tardive d'un lourd secret familial.